En 100 mots
J’aime bien des choses, dans la vie. Particulièrement la lecture et le cinéma. En ce sens, et parce qu’on nous pollue l’existence avec trop de productions littéraires/cinématographiques plus ou moins à considérer, j’entends en résumer ici le plus possible en un maximum de 150 mots.
Le tout sera classé en ordre de consultation, pendant l’année en cours.
Cinéma
# Le Diamant de Sang (v.f. de Blood Diamond). Vu au cinéma le 17 janvier.
Quelle intensité et quelle souffrance. Comment de la saleté intérieure d?un diamant puisse émaner autant de pureté? Étrange paradoxe. Comment sa luminosité puisse à ce point être teintée de noirceur? Étrange paradoxe. Issu des profondeur de l?écorce terrestre, le diamant se forme des suites d?une incommensurable pression et d?une chaleur apocalyptique. L?histoire du diamant c?est donc celle de l?Afrique : une beauté sans nom empreinte d?un enfer latent. Les yeux fermés sur le malheur on se gave de ses fruits. On y perpétue indûment le cercle vicieux de l?exploitation parce que c?est loin, parce que ça nous arrange.
# Babel Vu au cinéma le 2 février.
Quatre histoires qui convergent vers la thématique de l?incommunicabilité et de la solitude. Quatre histoires liées entre elles, qui intègrent à merveille l?un des principaux problèmes contemporains. Quand ce ne sont pas les gouvernements qui bloquent les discussions, ce sont les barrières linguistiques, le mépris, les préjugés, les handicaps et la peur. Tous les acteurs affichent une retenue incroyable dans un film visuellement fantastique. Une sorte d?humilité devant la grandeur du monde, masquée par l?impatience, le refoulement sentimental, la crainte et le rejet. Un triste constat pour le je-me-moi, mais un dénouement empreint d?espoir, où les différences se rencontrent dans la complémentarité.
Littérature
# Lipovetsky, GILLES. L’Ère du Vide. Gallimard. Paris, 1983. 328 pages.
Un récit ultra dense sur la question de l?individualisme contemporain. Cet essai philosophique particulièrement aride n?a pas réussit à me convaincre de la véracité de ses prémisses de bases voulant que l?individualisme croissant dans nos sociétés soit une mauvaise chose. Pour ma part je crois que l?individualisme entraîne plutôt une émancipation des valeurs individuelles, lesquelles se répercutent dans l?espace public sous forme de carte éthique et moral allant de soi. Lipovetsky semble plutôt trouver mauvaise l?idée de se détacher du tissus social qui semble être déterminé par un quelconque déterminisme d?ordre supérieur. Il y a du bon, mais pas assez.
# Houellebecq, MICHEL. Les Particules Élémentaires. J’ai Lu (Flammarion). Paris, 1998. 317 pages.
Récit fictif sur la vie de Michel Djerzinsky, biochimiste. Ce dernier ? dont la vie est mise en parallèle avec celle de son frère Bruno pour qui la jeunesse a laissé des marques indélébiles l?ayant contraint à vivre une quête désespérée du plaisir sexuel ? mène une vie où la tristesse est au centre tout. Djerzinsky, au climax de sa souffrance, aura toutefois l?intuition de conceptualiser scientifiquement ce que sa vie lui inspirait : le changement de paradigme social. D?une société matérialiste vouée à l?autodestruction il entrevoyait une nouvelle mouvance sociale tendant vers la création d?une nouvelle espèce asexuée et déterminée scientifiquement.
Twitter @emilegirard
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