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Rentabiliser un site web?

Publié dans Non classé par Emile Girard

Un petit article lié à mon plus grand hobby aujourd’hui. En fait, je parle de hobby mais c’est aussi ma passion et mon travail… bref beaucoup de mon temps ;) Alors voilà, peut-être avez vous un site web et cherchez une manière de le rentabiliser afin de devenir un de ces millionnaires paresseux. Tout d’abord, quelques mises au point : à moins de lancer un site web dans un marché TRÈS important (lire ici  »pas le Québec »), oubliez le terme  »millionnaire » dans l’énoncé précédent. Au mieux vous pourrez vivre de votre passion, de votre travail, dans un confort relatif.

La rentabilisation d’un projet web est un sujet large et j’entends bien écrire plusieurs chroniques sur le sujet. Ainsi je crois qu’il serait pertinent de séparer chacun des volets et je débuterai en vous entretenant de mon expérience personnelle avec les régies publicitaires. Suivront les questions de la vente de contenu, de l’auto-gestion dans la vente d’espace publicitaire, des conseils marketing, des pièges à éviter et bien d’autres aspects.

1) Les régies publicitaires : mon aventure.

Sans exagérer, je crois avoir utilisé la très grande majorité des régies publicitaires francophones… si ce n’est pas toutes. Voici une tentative de les expliciter au mieux, ce qui devrait aider non seulement à comprendre l’état des choses présentement, mais aussi déduire les grandes tendances qui devraient s’opérer au cours des prochaines années.

1998 – Déclicnet (Québec)

Déclicnet était, au début des années 2000, le début d’une belle grande illusion. Le réseau fonctionnait sur du temps emprunté ne diffusant que peu ou pas de publicités payantes. Son inventaire semblait effectivement occupé à 90% par de l’auto-promo, mais pour une raison qui m’échappe encore, les diffuseurs étaient tout de même rémunérés à hauteur de 25¢ le click sans contrôle de clicks ni vérification de l’adresse IP. Oui vous aviez bien lu… et si vous avec un compte AdSense et que vous savez multiplier, vous devez être encore plus découragés de lire cela. Je me souviens, à l’âge de 15-16 ans aller déposer des chèques de plus de 400$ à chaque mois résultant des clicks générés sur mes pages personnelles qui généraient peu ou pas de trafic. Suffisait d’avoir de bons amis qui avaient le clic généreux. Quelle belle époque, le far-west

Déclicnet est mort dans le temps, et je crois qu’il a été racheté à rabais à l’éclatement de la bulle techno. Avec le recul, je comprends mieux toute l’ampleur de leur illusion, et continue de me méfier de ces régies qui promettent la lune en revenus tout en n’ayant pas un éventail de clients réguliers important.

2000 – Showbizz.net (devenue Summum Web Media)

J’ai été un des tout premiers sites à faire partie de ce regroupement – parce qu’initialement il ne s’agissait pas réellement d’une véritable régie. Si l’ère de Déclicnet était intéressante pour le jeune homme que j’étais, celle des premières années de Showbizz.net était le paradis, rien de moins. J’ai encore souvenir de ces mois où j’obtenais par leur intermédiaire de lucratifs contrats de publicité à plus de 20$ CPM. Des souvenirs de chèques dans les 4 chiffres à l’approche des fêtes, et des parents qui devaient penser que je vendais de la drogue… ;)

Showbizz.net c’était un mini-réseau de sites voués au divertissement. Ils avaient alors réussi à nous regrouper autour de cette idée et vendaient le concept à leur banque d’annonceurs réguliers (principalement Bell Canada et des productions cinématographiques). Le tout était géré de main de maître par Samuel Parent, aujourd’hui directeur de l’IAB section Québec. Dieu que si ça avait pu continuer comme ça, la vie aurait été belle. Je serais peut-être déjà en pré-retraite, qui sait!

Le vent a malheureusement tourné alors que Showbizz est devenu Summum. Là c’était de pire en pire. Le bassin d’annonceurs demeurant passablement le même, le réseau se greffait chaque jour de nouveau membres. La publicité était centralisée autour des sites appartenant directement à Sumum (le portail Showbizz.net principalement) et l’excédent était divisé à travers un bassin toujours grandissant. Les revenus diminuaient, jusqu’au moment où la régie s’est éteinte d’elle-même.

Je garde un très bon souvenir de plusieurs collaborateurs de cette époque quand même lointaine. Plusieurs ont connu une carrière intéressante par la suite, outre Samuel Parent je citerais Vincent Gibara devenu homme-à-tout-faire.

2004 – la période de l’autogestion

Depuis le déclin de Summum Web Media en tant que régie publicitaire, il devenait de plus en plus ardu de trouver des régies viables et surtout, rentables. Parce que le problème dans cette galère c’est que comme elles payent pour la plupart au mois, il faut donc un minimum de temps pour accumuler des revenus au départ et ainsi commencer à voir un bon rythme de croisière… alors quand la tentative est infructueuse, on doit donc négocier avec deux ou même trois mois sans avoir touché un seul dollar.

Cette période a été extrêmement ardue. J’ai toutefois eu la chance de compter sur le support de gens comme René Major de chez Équipe Micro Solutions qui m’ont permis d’assurer mes arrières en m’achetant toute la pub que je pouvais leur fourguer à rabais. Il faut dire que la période suivant l’éclatement de la bulle techno avait des allures de grande noirceur dans le marché publicitaire sur le web. D’ailleurs on ne commence qu’à s’en relever…

Je reviendrai plus tard sur cette période d’autogestion puisqu’elle constitue un des piliers de mon expérience en gestion web et que je pourrais élaborer des heures sur ce simple sujet.

2005 – Google AdWords et AdSense

Tout le monde a son opinion sur AdSense. La mienne n’est pas nécessairement meilleure que la vôtre et c’est ce pourquoi j’enchaîne tout de suite avec NetWorldMedia qui a des caractéristiques similaires.

2006 – NetWorldMedia

Je suis avec les gens de chez NetWorldMedia depuis cet été seulement. Je dirais que mon opinion sur le sujet est mi-figue, mi-raisin. D’un côté ils réussissent à bien vendre certains projets (Fanatique.ca) auprès de leur imposante banque d’annonceurs, et de l’autre, c’est un échec cuisant (sur Humour Québec). Mais avant toute chose, parlons du fonctionnement.

NWM fonctionne exactement comme si vous fusionniez une régie publicitaire traditionnelle à un système PPC comme AdSense de Google. D’un côté ils vous trouvent des clients pour annoncer sur votre site à des tarifs intéressants, et de l’autre (sur le 80% d’inventaire invendu) ils polluent votre environnement avec des publicités textuelles payée au click, qui rapportent des miettes. Ce qu’il faut savoir avec les adwords, c’est que tout est question de volume. Partant du fait que la régie garde 50% en commission, si vous générez supposons 50$ par mois avec vos AdWords il faut donc supposer que la régie se fera autant que vous… en plus, le montant consenti au diffuseur (publisher commission) est soustrait d’une série de frais fixes d’utilisation de leur système. Maintenant en multipliant tous ces gains directs et indirects par le nombre de sites représentés, en multipliant encore par le volume des dits sites et en additionnant tous les gains marginaux sur les frais afférents on comprend toute l’ampleur des recettes.

Le problème avec ces systèmes de PPC c’est pour les petits clients, et les petits diffuseurs. Joe Blo a un site sur l’hébertisme et veut le faire connaître. Il achète 200$ de clicks à une régie PPC donnée. Vu le volume et le potentiel de diffusion, une fois le chèque de 200$ encaissé par la régie les clicks se sont déjà évaporés. Ainsi Joe Blo a eu un peak d’achalandage de 15 minutes sur son site, et comme l’annonce n’aura paru qu’une fois et que possiblement, la majorité des visiteurs n’auront pas noté l’adresse, Joe Blo retournera au point initial, moins 200$.

C’est ce que j’aime moins de ces grosses régies. C’est souvent impersonnel, et les petits sites se font souvent manger la laine sur le dos. Déjà je le constate avec Fanatique.ca qui s’en tire quand même bien malgré son traffic 6 fois inférieur à celui d’Humour Québec. Mais ça on n’y peut rien, c’est une question de créneaux publicitaires et c’est le client qui semble toujours avoir raison.

2006 – Branchez-vous ?

C’est encore en développement de ce côté. J’ai eu quelques discussions avec les responsables et l’avantage à mes yeux de leur côté est d’oeuvrer non seulement comme une régie publicitaire, mais aussi comme vecteur de diffusion. Au lieu donc de ne servir que d’intermédiaire entre clients et diffuseurs, BV a comme plus-value un important trafic sur ses sites, ce qui peut éventuellement permettre à des partenaires d’y avoir une tribune dont l’effet peut être très intéressant sur le traffic, donc sur les revenus… et tout s’enchaîne.

Le désavantage à mes yeux est cependant assez important. À trop offrir de tribunes pour le contenu des partenaires on centralise le réseau, donc on centralise les revenus. Mais bon ça semble être la loi de la jungle…

Conclusion

Pour terminer j’aimerais vous laisser sur un petit conseil tiré de mon expérience personnelle liée aux acteurs oeuvrant dans le monde des régies publicitaires : ne croyez personne, jamais. Ce que les régies veulent, c’est votre trafic… et plus encore, c’est connaître votre trafic. Ils vous feront des offres alléchantes, des promesses sans vergogne, se parjureront sans honte bref, ils feront tout pour faire de l’argent sur votre dos. Tant que vous n’aurez pas un site très prisé comme argument de vente, vous vous rendrez rapidement compte que c’est vous qui bûchez, et eux qui encaissent au moins autant d’argent que vous pour votre labeur. N’hésitez pas à contester leurs décisions et finalement, ne vous fiez JAMAIS uniquement à elles comme sources de revenus. Leur comportement est beaucoup trop tendanciel et imprévisible pour vous assurer une quelconque forme de sécurité financière… à moins bien sûr de générer plus de 10 millions de pages vues par mois.

En attendant bonne chance!

11 commentaires pour “Rentabiliser un site web?”

  • Très intéressant comme cheminement.

    J’ai passé par plusieurs étapes moi aussi avec spagati.com mais à moins grande échelle. J’ai encaissé des chèques de diverses compagnies, mais rien pour élever une famille (et c’est tant mieux puisque je n’ai pas encore de famille à élever).

  • Hé! salut É1000,

    Je savais qu’entretenir un site web demandait beaucoup de travail et de soutien $. Toutefois, je ne croyais pas que les régies publicitaires étaient aussi gourmandes. L’abonné qui visite un site ne réalise pas tout le travail que ça implique. L’étalage de ton cheminement changera certainement mon point vue à l’avenir.

  • [...] D’ailleurs, son billet sur « Rentabiliser un site web » est très intéressant. [...]

  • J’ai connu Samuel Parent à l’époque de WebD. Même nous ne sommes pas proches au point d’avoir un lieu sur son nom pointant vers mon blogue! Est-ce une erreur? ;)

  • Amusant, on parle de moi !

    En bien heureusement !!
    En lisant, tout innocemment le récent blogue de Émile Girard, je vois mon nom, en orange et souligné ! wow !
    Émile, aussi propriétaire des sites Humour Québec et Fanatique.ca, fait une référence à moi en raison de mon a…

  • [...] C’est juste un lien en fait, mais je viens de tomber sur ce post écrit par Émile Girard: http://www.estrade.ca/2006/12/01/rentabiliser-un-site-web/ [...]

  • [...] Dans un billet posté il y a quelques semaines je faisais état de mes démêlées avec les diverses agences de représentation publicitaire. Je vous avais alors promis de vous entretenir de ce qui à mon avis est la meilleure alternative pour aspirer à vivre de votre site web sans vous contenter des graines que les régies daignent vous laisser. [...]

  • [...] Pour ce faire, les régies publicitaires auront un rôle crucial à jouer. Elles devront s’ajuster rapidement à cette poussée de croissance, et cesser de vendre du volume disparate au profil de niches ciblées. Elles ont cependant toutes les cartes en main, la technologie est là : voyons voir comment elles s’en sortiront.  .titlers { color: #000000; } .titlers:hover { color: #000000; text-decoration: none; } [...]

  • slt je m’apelle amenyo je suis Togolais (afrique) et je suis responsable commercial du site http://www.togopages .net et je suis charger de rentabiliser le site.A l’aide j’ai besoin de coups de main merci

  • Il est excellent ton article et surtout ça me fait réflechir, je suis avec Google Adsense depuis 3 ou 4 ans. Peut importe ce que je fais le revenus semble stagner. De plus le dollar canadien à monter et est même rendu supérieur au dollar US, ce qui me fait grincher des dents.
    J’ai 3 sites, mon nouveau né est 123boomer.com un forum pour les baby boomers le site est fonctionnel mais en pré-lancement.
    Je cherche des représentants en pub, je souhaite graduellement gérer toute mes espaces pub moi-même je pense comme toi, trop se fier à ces régies de pub, c’est trop risqués. Ça ne me dérangerait pas de donner 25 ou 30% de commission a des rep., mais au moins si j’ai le sentiment que j’ai le contrôle, je vais me sentir moins floué. Le problème avec les régies c’est qu’on a pas le contrôle, ils peuvent nous dire n’importe quoi, on est obligé de ce fier à leur paroles.
    J’ai 2 sites qui seront en rénovation virtuelle, une reconstruction totale pour babillardelectronique.com et auto7-24.com est prévu pour les prochaines semaines et devraient sortir avec une nouvelle version d’ici décembre.
    Milles merci pour ton article tu m’as fait beaucoup réflechir !
    c’est dur, dur de bien gagner sa vie comme éditeur de sites !!!

  • [...] de visite, cela peut être un petit revenue de plus. Vous pouvez lire sur le blog d’Emile comment sa fonctionne un peu la pub. Personnellement, pour 40$/mois, j’ai décidé de simplement laisser [...]

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